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Organiser
l'espace CDI |
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La loi d’orientation sur l’éducation de juillet 1989 situe « le CDI au cœur de la vie de l’établissement » en soulignant l’effort demandé aux collectivités locales pour l’aménagement des locaux et des équipements et l’effort de l’État pour les créations de postes de professeurs documentalistes. Les Conseils Généraux et les Conseils Régionaux ont relevé l’enjeu et multiplié les programmes de construction et de rénovation des collèges et lycées, en privilégiant souvent le CDI comme emblématique d’une expression architecturale originale face à la banalité normée des salles de classe. Alors pourquoi repenser l’espace CDI pour les années 2000 ? Pourquoi ne pas se satisfaire de cette fonction de médiathèque scolaire ? L’entrée de la France dans la société de l’information s’institutionnalise face à la mondialisation économique. Cette politique publique passe prioritairement par l’enseignement et la formation à l’information pour tous les élèves, acteurs économiques et citoyens de demain. La volonté d’impliquer tous les partenaires de l’Éducation Nationale, de passer de l’expérimentation à la généralisation pour intégrer les TICE [1] dans les programmes scolaires et les pratiques pédagogiques se décline fortement depuis 1997 dans les textes prescriptifs et officiels, désormais disponibles sur l’internet. Ainsi le rapport du sénateur Alain Gérard, à la suite de sa mission relative au développement des technologies nouvelles dans les établissements scolaires, préconise l’inscription dans les programmes scolaires d’un enseignement à l’information, suivie d’effet dans les modes d’évaluation des élèves et les concours de recrutement des enseignants. « L’École doit donner à l’élève les compétences et les savoirs qui lui permettent de rechercher les informations dont il a besoin, de vérifier les sources... de les sélectionner et de les exploiter. Les savoirs doivent prendre corps dans le cadre d’un enseignement modulaire confié aux équipes d’enseignants documentalistes avec le concours des enseignants des disciplines… » Or, dès 1986, la circulaire de mission des responsables de CDI (défini comme un centre de ressources multimédia à finalité pédagogique) détermine des axes prioritaires : la première mission détaillée est d’assurer « une initiation et une formation des élèves à la recherche documentaire ». La création du CAPES de documentation en 1989 confirme cette orientation en créant un corps de professeurs spécialisés. Ce CAPES, rénové pour la session 2001, accentue la spécificité liant science de l’information et TICE. Le CDI est le lieu d’exercice de cette mission. Mais la multiplicité des fonctions dévolues au lieu : gestion des fonds documentaires, accueil, travail individuel, travail de groupes, séquences pédagogiques... crée des ambiguïtés voire des conflits et impose une révision de l’organigramme fonctionnel et spatial. À fonction plurielle, espace pluriel qui permette de faire coexister l’accès le plus large des élèves et des enseignants à la médiathèque scolaire et par ailleurs la mise en œuvre et le bon déroulement des séquences pédagogiques assurées par les professeurs documentalistes, dans des locaux adaptés, à l’accès planifié. Il parait donc utile de parvenir à un cahier des charges actualisé pour faire coïncider les missions des professeurs documentalistes et l’organigramme fonctionnel du CDI, mais surtout pour proposer sinon une vision commune, du moins un langage commun aux différents partenaires des projets CDI. Reconstruction, rénovation, réaménagement et compléments d’équipement : les coûts sont lourds pour les budgets et plusieurs générations d’élèves sont concernées, le droit à l’erreur n’est guère possible ! Travailler en partenariat permet de mieux gérer chaque étape du projet, prenant en compte le « vécu » de l’établissement. L’établissement demandeur prend l’initiative de la phase d’analyse des besoins en associant sous la responsabilité du chef d’établissement, équipes pédagogique et administrative, parents et élèves à la réflexion. Il est souhaitable que le professeur documentaliste impliqué dans l’élaboration du projet documentaire, soit informé des choix possibles. Le chef d’établissement est le seul interlocuteur officiel des autorités de tutelle, c’est par lui que peut s’instaurer le dialogue avec les collectivités territoriales, maîtres d’œuvre qui délèguent aux programmistes le cahier des charges pour les appels d’offre puis aux architectes, maîtres d’ouvrage pour l’élaboration des plans et la conduite les travaux. Enfin la concertation s’avère indispensable, dans la phase des choix d’équipement mobilier et informatique, pour la réussite du projet pédagogique. Ces propositions ont été élaborées par trois professeurs documentalistes qui ont animé pendant plusieurs années des stages de formation initiale et continuée consacrés à l’aménagement de l’espace CDI et à la maîtrise des nouvelles technologies. Il s’agit là d’une réflexion de professionnels de l’information et de la documentation qui ne prétend pas constituer une norme. Souhaitons que ces orientations contribuent à donner aux élèves de collège et de lycée un cadre efficace et motivant pour les préparer à participer aux enjeux de la société de l’inform@tion. |
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[1]. TICE : technologies de l’information et de la communication dans l’enseignement. |
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Pôle
de compétence en documentation de l'académie de Rouen
Dernière mise à jour le 22 mai 2000. Contact : Michel.Treut@ac-rouen.fr |